La philothérapie

" Alors, pourquoi aller voir un philothérapeute ?

1 - Pour dialoguer avec quelqu’un qui ne vous connaît pas intimement, ce qui permet de sortir de la représentation souvent réductrice que vos proches ont de vous.

2 - pour engager une réflexion existentielle, mettre en lumière des problématiques, tout en étant accompagné, dans le but de trouver des solutions à un problème concret.

L’enjeu est de se recentrer sur soi sans nécessité d’aller vers une exploration plus profonde de son intimité et de ses émotions comme ce serait le cas dans une psychothérapie.

Nous partons du philosophe que vous êtes, (car, oui, nous le sommes tous un peu...) quel que soit votre âge, votre origine sociale, afin de formuler vos questions et d’y apporter des réponses nuancées en vous confrontant à différents points de vue possibles.
 
Bien souvent, le dialogue débute à partir d’une situation très concrète qui vous pose problème ou qui vous interroge (une décision à prendre, une relation complexe avec un proche, des difficultés professionnelles…) dont il s’agit d’extraire le nectar philosophique, pour répondre à une question plus fondamentale, pour ensuite réévaluer la situation de départ. 

 

Le philothérapeute, par sa formation de philosophe, écoute le discours du « philosophant » comme il lirait un texte philosophique. Son rôle est de repérer ce qui fait problème, ce qui est paradoxal, de le mettre en lumière et d’amener l’individu à formuler avec nuance et précision ce qui l’anime. Ainsi, la philothérapie permet essentiellement de donner du sens.


Le dialogue se fait dans un double mouvement qui consiste à :

- mener une réflexion philosophique sur l’existence dans l’idée qu’elle soit universalisable.

- prendre conscience de l’écart entre cette réflexion et l’existence que l’on mène effectivement, dans le but de tendre à la réduction de cet écart. 


Se mettre dans une posture de doute et comprendre différents points de vue, permet de repérer ses limites éthiques, de les formuler, de les défendre et donc de réapprendre à respecter ce que l’on est essentiellement.

Attention, il ne s’agit pas non plus de se renfermer dans sa "coquille", mais de pouvoir mettre ces principes en suspend par choix, en toute conscience et non plus par contrainte sociale ou affective. Ainsi, l’adaptation nécessaire à la vie sociale se fait par choix de s’adapter à telle ou telle situation, à telle ou telle personne : s’adapter n’est plus synonyme de « subir ». 

L’écart entre nos réfléxions existentielles et notre existence est inévitable. Mais cela ne doit pas réduire nos principes à néant, sous prétexte que ceux-ci ne seraient pas conciliables de façon permanente avec le réel.

Accepter que l’existence soit un effort pour tendre vers une fidélité à nos principes fondamentaux, accepter l’écart réel entre ces principes et notre existence et en prendre conscience pour toujours mieux s’orienter dans ses choix, tel est l’objectif de la philothérapie. 

Le philothérapeute s’engage à veiller à la transversalité de la relation. Il ne s’agit pas pour lui de devenir une sorte de guide spirituel, mais d’être simplement un interlocuteur privilégié pour aborder des questions existentielles. L’échange se veut égalitaire et libre. Le philothérapeute ne prêche pas une « bonne parole ». Il incarne une méthodologie pour la pensée, et non un contenu de pensée dont il voudrait faire l'apologie."

Zoé Malouvet